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Carnet de voyage
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25 février 2010 - Bolivie





Bolivie-4x4
Je suis allée en Bolivie il y a 7 ans mais par faute de temps, je n’ai pu me rendre qu’à La Paz et parcourir le sud de cette destination qui m’a depuis toujours manqué. Après avoir vu tant de photos de la région d’Uyuni et de son mythique « salar », je savais que je foulerai un jour cette immense étendue salée. Alors quand j’ai construit mon programme de tour du monde, je ne pouvais rater l’occasion de réaliser cette escapade dans l’incroyable altiplano bolivien.

Premiers kilomètres, premières images et déjà mes yeux pétillaient d’apercevoir les reflets du volcan Licancabur dans les eaux claires de la « Laguna Blanca ». Il ne s’agissait là que de la mise en bouche puisqu’au détour du virage suivant, la « Laguna Verde » m’attendait. Comme par magie, les alluvions de magnésium se mirent à danser au fur et à mesure que la brise se levait sur la lagune, laissant exploser sa couleur opaline majestueuse. Silence… Dame Nature me déroulait son tapis vert !

Sur fond de « Wonderful World », je dévisageais les paysages altiplaniques, leurs collines « cappucino » transformées en dénivelés de beige, d’ocre, de rouges, de bleu-vert par les activités minières. Je m’accordais aussi un moment de détente dans un bassin d’eaux thermales avec vue sur les pics enneigés avant de reprendre la route vers de nouvelles merveilles de la Nature, comme les geysers « Sol de mañana », véritables marmites de Panoramix ou encore la somptueuse « Laguna Colorada » déclinant ses tonalités rosées à chaque seconde sous l’œil vigilant de centaines de flamands au plumage tout aussi varié.

Et après deux jours de panoramas indescriptibles, le grand moment était arrivé… A 5h15 tapantes, je montais dans le 4×4 prête à couvrir la ½ heure de route pour atteindre l’île d’Incahuasi avant le lever du soleil. Je devinais notre entrée sur l’étendue salée au changement du son des roues… Progressivement, les reflets du jour laissaient entrevoir la blancheur qui nous entourait. Plus de 12000 km² de blanc immaculé. L’île était en vue, recouverte de cactus, majestueuse. 6h15, le soleil découvrait alors ses couleurs à travers des nuages éparses qui venaient se refléter sur le sol humide. La traversée vers la « rive » nous fit pénétrer dans la zone humide. Quel bouquet final ! Nous volions ! Les cumulus parfaitement formés se réfléchissaient sur la couche de sel inondée et je perdais tout repère spatial ! Je me serais crue dans un engin volant ! Je ne pouvais manquer de fouler ce miroir et c’est le cœur débordant d’émotions que j’ai quitté les lieux… me promettant d’y revenir.

10 février 2010 - Colombie





grains_café
Si je vous dis Colombie ? Je suis sûre que très vite, le mot « café » vous viendra à l’esprit ! Et vous aurez raison ! La Colombie, c’est LE pays du café ! Deuxième exportateur derrière le Brésil, les petits grains colombiens jouissent d’une réputation internationale et je ne pouvais manquer de me rendre dans la région caféière de Pereira pour découvrir les magies de l’Arabica. 

Vu l’accueil chaleureux réservé par l’administratrice de la « finca », j’ai su immédiatement que l’amour du café régnait en ces lieux. Et voir le petit-fils, tout juste âgé de cinq ans, déguster avec délectation un « petit noir » fraîchement moulu, laissait d’autant plus présager de l’atmosphère particulière de cette « finca ». Ma rencontre avec Carolina, la guide qui allait tout me dévoiler des secrets du grain, confirma mes impressions. Nous avons débuté la visite par une balade au cœur des plantations sous une chaleur accablante et observer les plants juchés jusqu’au plus haut des collines environnantes a vite suffit à me donner le vertige. J’ai alors appris que le café colombien n’a pas connu que des jours de gloire… L’arrivée d’un champignon a failli ravager définitivement tous leurs plants, les projetant dans une grave crise. Mais, fort heureusement, les locaux ont su rebondir en créant des hybrides résistants, profitant de l’occasion pour les rendre plus petits ; de quoi permettre aux récolteurs, indigènes pour la majorité, d’atteindre plus facilement les belles boules rouges. Quelques anecdotes m’ont également fait sourire ! Un pied qui ne présente pas de fleurs, et donc de café, est appelé « macho », image intéressante pour les féministes ! Ou encore, un intéressant tuyau pour la ménagère : si une mauvaise odeur persiste dans votre frigo, mettez-y 2 ou 3 grains de café… Le grain de café torréfié est neutralisateur d’odeur… Et hop, le tour est joué !

Vint finalement le moment le plus émouvant… où, au-delà du cycle de production, j’ai appréhendé l’univers du café… avec ses challenges et sa population locale qui en vit… ou plutôt en survit. Quelques chiffres pour se faire une idée : dans cette belle « finca », un récolteur de grains gagne 300 pesos /kg (1 € = 2800 pesos) et il lui faut en débourser 7000 pour manger chaque jour (prix correct accordée par la « finca », qui le loge gratuitement par la même occasion). Ainsi, les 25 premiers kilos récoltés ne le sont que pour se nourrir (sur environ 70 à 100 kg/jour suivant sa performance). Le reste constitue son maigre salaire. Ainsi, à 1,5 € le café au comptoir à Paris, il est clair que l’argent du café profite essentiellement à qui l’égraine, le torréfie et le commercialise plutôt qu’à celui qui le produit. Une dure réalité…

15 janvier 2010 - Panama





PANAMA - Vue de la ville - IMG_2304On ne peut aller au Panama sans penser à son canal. Comment, en effet, ne pas être intrigué par ce chantier entrepris par les Français à la fin du XIXème siècle, achevé par les Américains et « récupéré » par le Panama en 1999 seulement ?

Pour prendre la mesure de ce lieu unique, tant pour la traversée des écluses par d’énormes cargos que pour l’aventure industrielle qu’il symbolise, il ne me restait plus qu’à me rendre aux écluses de Miraflores, à quelques kilomètres de la capitale, et assister avec délectation à l’ampleur du spectacle.

Lors de mon arrivée, un bateau de croisière était en cours de passage et deux autres (un de croisière et un cargo de véhicules) en attente. Quel défilé ! Et chanceuse que j’étais, il s’agissait de Panamax (référence donnée aux embarcations dont la taille correspond à la grandeur maximale permettant de traverser le canal). La prouesse technique débute par l’alignement des bâtiments à l’aide de remorqueurs ; ils se mettent en perpendiculaire à la coque du bateau et le pousse, gaz à fond, vers l’entrée de l’écluse. L’embarcation est alors raccordée par des câbles à des locomotives, situées sur des rails de part et d’autre des écluses, pour les diriger lors de leur traversée. Cette assistance n’est que directionnelle, les bateaux se propulsant par leurs propres moyens. Petite précision impressionnante : pour un Panamax, il ne reste environ qu’une soixantaine de centimètres chaque côté, entre la quai et la coque du bateau. Il faut viser juste… du premier coup !

Au-delà de l’exploit de navigation que représente le passage des écluses du canal du Panama, assister au compte à rebours lançé dans les hauts-parleurs, célébrant la traversée du canal aux passagers embarqués, tel un véritable show à l’américaine, vaut le coup d’œil !

Et si le sentiment de grandeur actuel n’est pas suffisant, un projet d’agrandissement aux dimensions encore plus extravagantes a été validé. Ainsi, si les écluses actuelles de 33,5 mètres peuvent accueillir des embarcations de 32 mètres de large, les nouvelles écluses atteindront 55 mètres pour faire passe des bâtiments allant jusqu’à 48 mètres. Les « Prospanamax » pourront ainsi mesurer jusqu’à 366 mètres de long et transporter 10.000 containers. A charge équivalente, il faudrait 18 trains de 2440 mètres ou 5800 camions ou 570 Boeing 747 pour transporter ce qu’un seul « Prospanamax » pourra embarquer. Une nouvelle aventure industrielle commence…

2 janvier 2010 - Costa Rica





COSTA RICA  - Canopy2 - IMG_0715Le Costa Rica est célèbre à travers le monde entier pour son « or vert ». A pied, à cheval, en 4×4, en « lancha », il existe mille et une façon de découvrir cette végétation luxuriante. Mais le moyen le plus incongru qu’il m’ait été donné de tester, est, sans aucun doute, le « canopy ». 

Curieuse d’appréhender la forêt grâce à cette vision « vue d’en-haut », je me suis lancée dans l’aventure. Peut-être avec une certaine inconscience… Car, si la théorie du déplacement d’arbres en arbres grâce à de gigantesques tyroliennes à travers la végétation s’avère bien attractive, la prise de conscience de leurs hauteurs (jusqu’à plus de cent mètre de haut) et leur rapidité (plus de 40 km/h sur près de 700 mètres pour les plus longues) a de quoi calmer les ardeurs. Mais loin de là, le danger, bien au contraire. Mon débarquement sur les plate-formes aériennes s’est fait tout en douceur. Les guides, habitués aux multiples réticences des touristes, distillent conseils rassurants et patience à toute épreuve. Et comme souvent dans ce genre d’activité, on s’en fait vite toute une montagne. A tord.

Certes, la promenade de santé m’a réservé quelques émotions : une petite descente en rappel savamment orchestrée par les accompagnateurs, histoire de donner un gentil haut-le-cœur, et surtout, le « Tarzan Swing ». Sur le papier, ça paraît sympathique : on vous propose de jouer les Tarzan et Jane en pleine jungle et d’imiter le cri de l’homme singe. Mais lorsqu’il s’agit de se jeter dans le vide sans sentir aucune corde vous tenir… J’y ai laissé quelques cordes vocales !

Mais quel plaisir de traverser la canopée confortablement assis dans son baudrier, de sentir la végétation vous entourer et de déambuler à des hauteurs où les sons des singes hurleurs se font plus que présents. Sans oublier les nombreux bruissements d’ailes qui vous rappellent que vous êtes au cœur d’un écosystème unique au monde. La dernière étape, surnommée « Superman » (une tyrolienne de 700 m de long, 120 m de haut, à 50 km/h où l’on se retrouve suspendu face au sol, accroché par le dos) permet de finir en apothéose. Familiarisé avec les sensations lors des premières tyroliennes, on aborde sereinement cette expérience et profite pleinement de dominer les cimes sans avoir à se préoccuper ni de son positionnement ni de son freinage. Quel effet de ne voir que le vide sous ses pieds ! Quelle expérience fantastique que celle de se sentir voler !

14 décembre 2009 - Nicaragua





NICARAGUA - Purissima2Au Nicaragua, le 7 décembre a lieu la fête de l’année : la « Purissima ». Dans tout le pays, des autels de fleurs, de plantes et de bougies sont dressés en l’honneur de la Vierge Marie. Les enfants chantent dans la rue et on leur distribue des caramels et des oranges. Mais dès le 28 novembre, les festivités commencent. Dans la charmante ville coloniale de Granada, la Vierge « Concepcion  de Maria » est descendue de son autel afin d’effectuer quotidiennement un tour des différents quartiers de la ville, jusqu’au feu d’artifice final du 7. Un moment d’allégresse comme seule l’Amérique Latine en a le secret !

A la tombée de la nuit, la place principale commence à s’animer : les vendeurs ambulants de « quesillos », de glaces… de nourriture en tout genre… arpentent le devant de la cathédrale et attirent le chalant tant qu’ils peuvent. Progressivement, la population afflue dans l’église et prend place, assis, debout sur les piliers, dans le fond… partout où cela est encore possible. Puis, l’assemblée épiscopale arrive, les enfants de chœur ouvrant la marche à l’aide de chandeliers géants ornés de bougies étincelantes. S’ensuit une messe traditionnelle jusqu’à la remise des hosties. Et là, tout s’emballe, le « concert » commence. L’un des prêtres chauffe la salle à coup de slogan de l’évènement : « Quien causa tanta alegria ? » (Litt. : Qui cause tant d’allégresse ?). Et l’assemblée répond d’une seule et unique voix : « La Concepcion de Maria » ! Une fois, deux fois, trois fois… L’alternance entre le prêtre et la foule n’arrête pas, la chaleur monte, l’ambiance est à son comble. Soudain, la lumière s’éteint ! Seuls les projecteurs braqués sur la Vierge, encore sur l’autel, brillent. Les tambours de la fanfare retentissent et sa descente commence. Les gens applaudissent, montent sur les bancs, secouent des foulards rouges et blancs et l’acclament telle une star internationale. On se croirait plus à un show de Madonna que dans la plus vieille cathédrale du Nicaragua. Le prêtre ajoute à la clameur ses « Donnez-moi un M, donnez-moi un A, donnez-moi un R, donnez-moi un I, donnez-moi un A… ». La Vierge, portée par les pompiers de la ville, descend l’allée centrale pour rejoindre la place où l’attendent tous ceux qui n’ont pu rentrer. Et l’intensité sonore y va de plus belle encore : les cloches sonnent, les pétards explosent, les gens crient à tue-tête et les sirènes des camions de pompiers sifflent. Un vacarme à vous exploser un tympan. La Vierge fait ainsi le tour du quartier suivie par une procession de centaines et centaines de nicaraguayens puis retourne à la Cathédrale, dans l’attente de la procession du lendemain. Un spectacle à couper le souffle que je ne suis pas prête d’oublier !

12 novembre 2009 - Namibie





NamibieIMG_6925S’il est une expérience humaine qui marquera mon voyage, c’est bien ma rencontre avec les tribus du nord-ouest de la Namibie, non seulement les célèbres Himbas, cette tribu dont les femmes sont couvertes de poudre rouge-ocre, mais aussi celle des Hereros (autre ethnie dont les Himbas sont issus), qui ont la particularité de porter une adaptation de l’habit traditionnel des femmes des colons du XVIIIème siècle.

 Initialement partie pour une visite touristique traditionnelle d’un village Himba, mon envie farouche de partager plus que les explications techniques des différents ateliers m’a mené à tenter d’établir la communication : avec des sourires, avec les mains, avec des dessins, avec mon appareil photo… Tout ce que l’on peut faire quand on ne parle pas la même langue. Et, le résultat fut concluant : j’ai caillé le lait dans leur calebasse tandis que l’une des mes hôtes apprenait à prendre des photos, un cours de géographie a vu le jour grâce à ma mappemonde et nous avons bien rigolé en se faisant peur mutuellement avec nos pratiques corporelles – moi avec mes oreilles percées et elles avec leurs deux dents d’en-bas qu’ils font « sauter » à l’aide un bout de bois…  

Et si je pensais avoir vécu un moment unique ce jour-là, celui de la soirée suivante allait être encore plus incroyable. Même encore aujourd’hui, en l’écrivant, j’ai du mal à réaliser ce que j’ai vécu. Après avoir quitté le village traditionnel, nous avons rejoint la ville d’Opuwo, berceau Himba par excellence. Ils marchent par dizaines dans les rues, hommes, femmes, enfants, chacun paré de son collier respectif symbolisant sa situation familiale. Toujours aussi curieuse, je souhaitais en apprendre davantage sur leurs us et coutumes et le « bistrot » local me paraissait être le lieu adéquat. Mais si je pensais les observer tranquillement en sirotant une boisson fraîche, cela n’allait pas tout à fait se dérouler comme prévu. Très vite, une femme Himba est venue me demander de lui offrir une bière. Pas principe, il n’en fut pas question ! S’en est suivi un « bras de fer » verbal qui a finalement tourné à la rigolade et « Beauty », ma « racketteuse », a finalement abandonné la partie pour tenter de m’apprendre les paroles du tube du moment que diffusait le juke-box. Et pour l’aider dans ce surprenant challenge, deux femmes Herero nous ont rejointes et ont engagé… la danse ! Voilà comment je me suis retrouvée à onduler le corps, yeux dans les yeux avec une femme Herero et faire la ronde avec une jeune Himba tandis que des dizaines de spectateurs nous observaient avec leurs yeux tous ronds. Et dire que je croyais que c’est moi qui allait assister au spectacle…

8 octobre 2009 - Botswana





BotswanaIMG_4277Quel souvenir succulent que la découverte du Botswana, destination « safari » par excellence dont la richesse faunique offre la sensation d’être au cœur d’un zoo géant. A peine étions-nous arrivés dans le Parc National de Chobe que les animaux entouraient le véhicule. Éléphants, babouins, impalas et autres antilopes étaient de la partie. Sans parler de la croisière sur la rivière du même nom, au coucher du soleil où la fraicheur crépusculaire avait motivé une éléphant et son petit à traverser les eaux frontalières avec la Namibie, utilisant leur trompe en guise de tuba.

 Et de surprises en surprises, je suis allée ! Non seulement, j’ai eu la chance d’observer un léopard en train de digérer une impala dans un arbre, mais j’ai surtout eu l’exaltation de voir monter dans un autre arbre cinq lionnes. Signalons que ces animaux ne sont pas censés faire cela, même les guides en étaient estomaqués !

Mais le moment le plus intemporel restera certainement cette balade en « mokoro », embarcation traditionnelle (ressemblant à un canoë) dans le célèbre delta de l’Okanvago. Durant ces quelques heures, le temps m’a semblé s’arrêter. Les essences dégagées par la végétation luxuriante, qui entourait l’embarcation, stimulaient mon odorat tandis que je me surprenais à écouter le moindre frémissement de feuille dans l’espoir d’entrevoir un hippopotame.        

Et que dire du dernier jour ? Sur la route de retour d’un « night drive », j’aperçois des lumières au loin et pense alors que nous nous rapprochons du camp. Mais quelque chose clochait : la hauteur des lumières, le sourire du guide, la route que je ne reconnaissais pas… Et puis, soudain, la révélation : un dîner dans le bush ! Des dizaines de lampes à pétrole, dans l’arbre, autour des tables, à côté des « cuisines », prêts du feu… Un spectacle pyrotechnique en pleine savane ! Le décor, l’ambiance, la surprise ont été tels que même les hyènes se sont invitées en fin de repas pour nous souhaiter bonne nuit.

Définitivement, tous mes sens ont été ébahis lors de ce voyage : la vue par les splendides paysages entre désert, rivière et survol aérien, l’odorat par la végétation luxuriante de l’Okavango et la savane après la pluie, l’ouïe avec la riche activité animalière de jour comme de nuit, le toucher par les herbes frôlant le mokoro et le goût grâce à la savoureuse nourriture servie dans des quantités non raisonnables mais toujours avec beaucoup de finesse.

28 septembre 2009 - Zimbabwe





Ander HARAMBOURE - Zimbabwe - Lionne du parc de HwangePour ma deuxième destination, le Zimbabwe a été une étape quelque peu particulière. Il s’agissait d’une mission d’éco-volontariat car si ce pays fut autrefois l’un des plus riches du continent, étant même surnommé le « Grenier de l’Afrique », il est aujourd’hui plus connu pour ses problèmes économiques et politiques que pour ses ressources qui ont fait sa splendeur. Cependant, de nombreuses initiatives environnementales sont mis en place avec une volonté féroce de préserver sa faune. Et quelle faune ! 

Direction l’un des derniers sanctuaires au monde où le Big Five peut être observé, à deux heures des chutes Victoria : le Parc National de Hwange. Au programme de ces 15 jours : comptage animalier, repérage d’empreintes et recherche d’animaux équipés de colliers émetteurs pouvant donner lieu à un DART… C’est ainsi qu’en tant que volontaire, j’ai pu assister à cette opération extraordinaire, il ne peut y avoir d’autre mot, et cela à deux reprises.

Tout a commencé par une traque. Équipés d’antennes et de récepteurs, notre équipe a sillonné le bush à la recherche de Gus : un lion de 4 ans, 2,90 mètres et quelques 250 kilos. Une fois repéré, l’opération de DART a pu débuter : dosage des drogues paralysantes, armement du fusil à air comprimé, préparation du matériel scientifique et médical… et finalement, visée et tir ! Après de longues minutes d’attente, le temps que le produit fasse son effet, les scientifiques ont pu approcher l’animal. Puis tout s’est enchaîné très vite… Après lui avoir apposé un bandeau sur les yeux et mis des bouts de ouate dans les oreilles (l’animal darté étant simplement paralysé, il conserve tous ses sens), ils  ont effectué mesures (envergure, tour de cou, taille des pattes, longueur des griffes…), soins (prise de sang, température, vérification des canines…) et remplacement du collier GPS. Nous avons pu alors descendre du véhicule et nous approcher. Le lion était là, étendu de tout son flanc, la respiration douce et régulière. Impressionnée, j’ai eu la chance de lui toucher les pattes, la queue, le flanc, la crinière et même l’oreille (une partie extrêmement sensible). Plus encore, suite à une discussion au sujet de l’état de forme de l’animal, les scientifiques m’ont montré de près ses crocs et ses griffes. Et pour tout ceux qui se posent la question, un lion n’est pas doux comme une peluche mais magnifique et tellement puissant. Le cœur encore empli d’émotions, nous avons sagement attendu son réveil afin de lui assurer un retour à son état normal en toute sécurité. 

6 septembre 2009 - Islande





IMG_0488Premier pas de mon aventure, l’Islande, digne de son surnom de « terre de contraste », a été une véritable rencontre avec la Nature. Il est peu de lieux au monde où l’on puisse appréhender les quatre éléments avec temps de force et d’élégance.

L’Eau y est omniprésente : la pluie, qui donne naissance à de somptueux arcs-en-ciel ; les cascades, de la plus puissantes d’Europe au « voile de la mariée » ; la lagune de Jokulsarlon qui, à elle seule, réunit l’Océan, les icebergs et l’eau douce du glacier environnant…

La Terre, quant à elle, s’exprime dans sa plus grande générosité. Par ses couleurs, véritable palette d’épices : rouge paprika, jaune cumin, vert estragon, mauve lavande, bleu de Bresse… Par ses intonations vocales : elle vous chuchote à travers ses sources d’eaux chaudes, elle monte gentiment le ton avec son activité géothermique, elle se met en colère par ses volcans encore actifs. Elle communique et l’on entre en communion avec elle et lorsque Jules Verne a fait de l’Islande, une des portes d’entrée dans son « Voyage au centre de la Terre », on ne peut que le croire.

Le Feu se laisse entrapercevoir lorsque l’on déambule sur des laves encore chaudes aux alentours du lac Myvatn. Une légère fumée nous entoure et un sifflement se fait entendre ici et là. Sans compter les champs de lave qui inondent le pays et nous amènent sur la Lune ou Mars en quelques pas.

L’Air, c’est le vent. Il vous entoure et vous prend au vif. Invisible, on le discerne pourtant dans les nuages où leurs formes sont surprenantes, tels les lenticulaires. Cette surprise, de prime abord peu agréable, contribue à créer une atmosphère extraordinaire. On a l’impression d’appartenir à la Nature.

Pour parfaire ce dépaysement total, je me suis amusée à tester des activités outdoor aussi différentes qu’incongrues. Quelle expérience sensationnelle d’escalader un glacier en plein mois d’août, de sentir la glace céder sous la puissance de mes crampons et de mes piolets, sous un soleil d’été qui se couche à peine. Et ce, sans se soucier de mes bases techniques inexistantes, juste l’envie… Et quel plaisir de m’être ressourcés en fin de séjour au « Blue Lagoon ». Lorsque l’eau bleue opaline, naturellement chauffée à 35° vous enveloppe, qu’une légère brise rafraichissante vous souffle sur le visage, que vous entendez ronronner la Terre, et que vous vous détendez au milieu de ce paysage, vous prenez pleinement conscience de l’union des « cinq » éléments.