|
15 août 2010 - Russie
Toujours aussi motivée à profiter au maximum des beautés croisées en chemin, je me suis dis qu’endurer quelques épreuves physiques au préalable ne serait pas un mal. D’autant que l’île d’Olkhon, 730 km² de terre flottante au milieu du mythique lac de Sibérie, regorge de trésors à explorer. J’y suis donc allée de l’incontournable excursion dans le nord de l’île pour découvrir les merveilles géologiques de cette incroyable faille, je me suis également donnée corps et âme dans une balade en VTT, durant laquelle le cadre idyllique a fort heureusement atténué les effets d’un relief démoniaque, et je n’ai, bien sûr, pas hésité une seule seconde à me tremper furtivement dans les eaux froides du lac plafonnant dans les 14° degrés. Après ces deux jours d’activités intenses dans ce petit paradis préservé de la mondialisation (l’électricité 24h/24 n’est arrivé ici qu’à l’été 2005), je n’étais pas mécontente de m’accorder un instant de répit grâce un classique incontournable russe : le « bañia ». Le concept du « bañia » repose dans le refroidissement corporel intense apporté par une douche glaciale à la sortie du bain de vapeur à très haute température. Rappelez-vous, la pub pour des bonbons mentholés où un beau jeune homme se jette dans la glace et bien, voilà le principe de ce bain à la russe. Et maintenant, vous commencez à me connaître, si c’est le principe, allons-y. Fermement décidée à vivre l’expérience dans son intégralité, je ne me suis pas dégonflée et complètement surchauffée après une vingtaine de minutes à transpirer sang et eau, je me suis littéralement jetée dans la bassine d’eau froide. Un contraste chaud-froid plus appréciable que je ne l’aurais imaginé… A en redemander même ! Restait alors à revigorer mon estomac avec une autre spécialité locale, l’« omoul », poisson endémique du Baïkal, dont je me suis régalée dans tous ses états : grillé, fumé, séché, en soupe… Après le régime « mouton » de Mongolie, la variante « poisson » de Russie n’était pas pour me déplaire. Entre décoction vapeur et saveurs culinaires , il a fallu se rendre à l’évidence ; nous autres Français, n’avons pas le monopole de l’art de vivre ! 15 juillet 2010 - Mongolie
Quelle n’a pas été pas ma surprise dès mon arrivée sur les lieux, lorsqu’approchant des tentes servant de coulisses, j’ai entraperçu les combattants aux petites culottes et boléros rouges ou bleus brodés de motifs blancs. Et ma surprise s’est d’autant plus accentuée lors de leurs entrées en scène quand, d’un pas ferme belliqueux, ils se sont dirigés vers l’arbitre pour effectuer une danse imitant le vol de l’aigle. J’ai presque cru un instant que j’allais assister à un ballet. Mais cette entrée en matière incongrue n’était que les prémisses gracieux des intenses combats à venir, durant lesquels novices et professionnels allaient s’affronter sur le champ de lutte. Bien sûr, les « minus » se sont vite fait expédier par les « balèzes » mais certains poids lourds se sont retrouvés au tapis plus vite qu’ils ne le pensaient. Je pense notamment à ce lutteur d’un mètre quatre-vingt, quatre-vingt-dix kilos qui s’est fait renverser, en 4 minutes à peine, par un étudiant coréen en vacances, venu tenter sa chance. Heureusement pour les têtes d’affiche, certains combats se sont révélés plus équilibrés… même trop parfois, obligeant les arbitres à départager les jouteurs avec un système des plus hasardeux : le « shifumi » mongol ; variante de notre « pierre-ciseau-feuille » où chaque doigt a une puissance identifiée par rapport aux autres. Durant des heures, je me suis ainsi délectée de ce spectacle ; tout à tour, amusée, apeurée, désolée devant les pirouettes effectuées par ces sportifs pour éviter que leurs mains ou leurs pieds ne touchent le sol symbole de défaite. Mais malgré leur résistance, les perdants ont tous fini par mettre un genou, un coude, une fesse ou le corps entier à terre, signant irrémédiablement leur perte et surtout, l’obligation de passer sous le bras du vainqueur pour que celui-ci leur mette une tape aux fesses. En effet, chaque gagnant, par ce geste, affichait sa supériorité et son respect à l’adversaire déchu. Il ne restait plus alors au vainqueur qu’à effectuer de nouveau la danse de l’aigle, pour s’approprier une fois de plus sa puissance et savourer sa victoire à coups d’« airag » (lait de jument fermenté) et de fromage séché, retournant d’une foulée allégée à la tente, méditant déjà sur le combat de lutte suivant. 5 juin 2010 - Chine
Tout d’abord, parce que j’ai ainsi pu traverser une belle gorge à la dense végétation sur la première partie avec ce pic au-dessus de ma tête. Ensuite, parce que j’ai découvert une nouvelle tradition locale : celle d’attacher aux chaînes servant de rampes des cadenas pyrogravés accompagnés de rubans rouges. De véritables farandoles de vœux métalliques ! Aussi, parce que j’ai pu constater qu’il était possible « d’escalader » un escalier. Il s’agissait davantage de parois quasi verticales entaillées à même la roche pour poser de côté les pieds en se cramponnant aux chaines ou carrément aux marches de dessus… plutôt que des marches comme nous les connaissons en France. Enfin et surtout pour les vues extraordinaires… tantôt en contre-plongée des parois graniteuses lisses… tantôt en surplomb sur l’enchaînement des monts en ombres chinoises aux dernières lueurs du soir. Sans oublier ce pourquoi j’avais décidé de dormir au sommet du mont : le lever du soleil. Lorsque sur la vallée, la luminosité orangée a atténué le bleuté enveloppant de l’horizon, que le froid mordant du point du jour m’a surpris tellement j’étais habituée à la chaleur de la journée et que les dizaines de chinois rassemblés pour l’occasion ont applaudi lorsque le maître a pointé le bout de son nez, j’ai vraiment su pourquoi j’étais montée là-haut. Sans regret ! 23 mai 2010 - Nepal
J’ai vu mon premier rhinocéros dès ma première sortie. Zigzaguant comme si de rien était entre les buffles, il a traversé la plaine devant mes yeux. Clairement à découvert, j’ai bien vu ses plis de peau qui donne l’impression qu’il porte une armure. Un véritable bouclier ambulant ! Il semblait serein et absolument pas déterminé à venir me chercher des noises mais sa route se rapprochant fortement du point d’observation, les gardes nous ont quand même demandé de reculer. Au-delà des cuirassés, Chitwan est également le lieu rêvé pour contempler les éléphants. Bien sûr à l’occasion d’un safari sur leur dos mais aussi lors d’une attraction originale : le bain ! Ce jeu consiste à grimper sur la bête, à même son dos puis à se rendre au centre de la rivière et accepter de prendre des litres d’eau sur la tête, déversés par son instrument le plus agile, sa trompe ! Le « mahout » s’est donné un malin plaisir à lui donner l’ordre de me donner la douche à foison, même si la première saucée avait suffi à me détremper ! Et au cas où un cm² de mes vêtement aurait résisté le dresseur a lancé une deuxième demande plus efficace encore : celle de me jeter dans la rivière. Sous l’impulsion plantaire de son maître, l’éléphant s’est gentiment couché sur le côté, juste le temps de me faire basculer ! Encore une expérience extraordinaire… toujours trop brève à mon goût ! 1 mai 2010 - Inde
Si la plupart des « ghats » servent au bain et aux activités quotidiennes, deux d’entre eux sont réservés au crémation où l’on peut observer les feux crépiter indéfiniment : 300 incinérations journalières environs pour le « burning ghat » principal, situé au pied de ma « guest-house ». Mais que l’on se s’y méprenne pas… il ne s’agit pas d’une esplanade glauque où l’on sent le cochon grillé comme on peut l’entendre dire quelques fois. Non, au contraire, les odeurs d’encens emplissent l’atmosphère et les défilés traditionnels donnent une dimension pour ainsi dire intime à l’endroit. Je ne suis pas particulièrement voyeuse mais je voulais comprendre, enfin tenter de toucher du doigt, leur appréhension de la mort. Et si je pensais y rester à peine quelques minutes avant de me trouver face à mes limites culturelles, l’ambiance m’a amadouée tout en douceur. Certes, les corps enroulés dans de longs draps orangés débarquaient de tout part pour être imbibés dans le fleuve avant de rejoindre le bucher ; certes, certains de ces mêmes corps m’ont laissé entrevoir des morceaux de chairs durant la crémation… mais les rituels effectués autour du corps, les nombreux regroupements d’hommes et de femmes en pleine discussion sur les marches avoisinantes, la douce luminosité ambiante des feux et les nuages de fumée qui s’élevaient rendaient l’atmosphère presque… apaisante. J’avais presque le sentiment que les vivants étaient « heureux » pour leur défunt de cette nouvelle étape… un passage vers des cieux meilleurs. Bien sûr, pour nous occidentaux, la démarche peut s’avérer délicate et je ne vous cacherais pas que quelques chairs de poule m’ont traversée mais leur sérénité m’a rapidement soulagée. Il m’a fallu simplement m’ouvrir à d’autres spiritualités… 24 avril 2010 - Hong Kong
Hong Kong, c’est avant tout la ville-lumière par excellence. Les néons y sont omniprésents, la moindre devanture est recouverte de plaques rétro-éclairées de dimensions impressionnantes. La consommation d’énergie est tellement ahurissante que même la nuit tombée, je me croyais encore en plein jour. Et l’apothéose fut le spectacle nocturne sons et lumières de la ville. Chaque soir à 20 heures pendant 15 minutes, les immeubles de la façade maritime de Central et Kowloon font leur show pour la « Symphony of Lights ». Chaque bâtiment participant se pare de ses plus beaux néons colorés, en harmonie avec la thématique musicale bien sûr. Les ambiances « thriller » sont rythmées par des teintes bleues tandis que le passage traditionnel est accompagné de dégradés de roses. Mais plus que les couleurs, les gratte-ciel ont chacun leur place dans l’orchestre. L’incontournable « Bank of China » joue les percussionnistes tandis que celle des Américains interprète les vents et le « Hong Kong Center » les cuivres. Un quart d’heure d’enchantement lumino-musical ! Passées les premières animations, le plus surprenant n’est plus tant l’ultra-modernité du spectacle que la surprenante apparition d’une foule de ferries traversant la baie. Mais pas n’importe quels bateaux… des embarcations historiques datant de la fin du XIXème siècle où les sièges sont des bancs en bois d’époque et où la sirène marine sonne le départ… avec une persistante impression d’anachronisme. Au delà de ce premier contraste me sont alors revenues les réminiscences de mes balades diurnes. A la vue de cette multitude de néons, je revoyais aisément les trésors de gadgets électroniques et de marchandises incongrues que l’on peut glaner en flânant dans les rues (bien que certains articles soient à peine pensables) mais il m’a été plus délicat de concevoir que sous ses mêmes immeubles, j’avais parcouru de fabuleux zoos à la faune internationale (ibis rouges, flamands roses… oranges et même orangs-outans) … erré dans des havres de paix emprunts de « Tai Chi »… embarqué dans un tramway au milieu d’une forêt presque vierge, digne d’un livre de Kipling… Loin des rayonnements lumineux ultra-puissants de la cérémonie qui se déroulait sous mes yeux. Comme une métaphore de la complexité de cette mégalopole. 17 avril 2010 - Nouvelle Calédonie
Fraichement débarquée chez un couple d’amis, ils me réservaient une bien agréable surprise pour les deux jours à venir : une escapade en bateau agrémentée d’une nuit sur une île déserte. Mes bagages rapidement préparés : maillot de bain, paréo, sac de couchage, quelques vivres… me voilà partie sur les eaux turquoises du lagon calédonien. L’escapade a tout d’abord débuté par un petit pique-nique sur un banc de sable doré perdu au milieu de nulle part, histoire de se mettre progressivement dans l’ambiance. Puis, très vite, nous sommes passés aux choses sérieuses avec une partie de chasse sous-marine… malheureusement infructueuse… Ce n’est pas faute pourtant de s’y être adonné corps et âme mais une langouste de plus de 3 kilos ne se lève pas aussi facilement que ça. Nous avons bien réussi à la piquer au fusil mais bloquée dans le corail, le crépuscule nous a pris de court pour la remonter. Notre délicieux festin nocturne a donc tourné à la dégustation d’onctueuses soupes chinoises chauffées dans une boite de conserve sur le feu de camp. Pour « le choc des héros », il faudra revenir car, j’avoue, nous avons légèrement triché, non seulement nous avions quelques munitions industrielles pour se sustenter au cas où la nature nous ferait défaut mais aussi et surtout nous avions l’arme fatale : un briquet ! Cependant la nuit à la belle étoile devait être proche de l’édition originale avec la voie lactée au-dessus de ma tête, les cris enfantins des pétrels et le fond sonore des vagues s’échouant sur le sable à quelques mètres de ma couche. Une nuit idyllique de Robinson ! Reposée de ce retour à la nature, j’ai canalisé mon énergie du deuxième jour sur des séances de « snorkelling » extraordinaires dans les « secret spots » de mon ami ! Au programme, une multitude de poissons multicolores – j’étais en extase devant les innombrables « némos » dont certains noirs à rayures bleues et autre variétés que je n’avais encore jamais vu – des labyrinthes de coraux comme pour mieux en découvrir la variété et finalement deux requins à pointe blanche pour donner encore plus de piment à l’expédition ! Un moment splendide ! 6 avril 2010 - Nouvelle Zélande
Avec 7 mètres d’eau par an, ce joyau compte l’une des pluviométries les plus importantes au monde. S’il devait donc y avoir un jour où je devais avoir de la chance, c’était celui-ci et ce fut le cas. J’ai eu droit à un ciel bleu impeccable accompagné d’un soleil étincelant et pas un nuage ! Vous l’aurez compris, un temps idyllique comme il en arrive peu dans cette région. J’en ai donc profité pour tenter l’expérience du kayak de mer pour une virée dans ce somptueux fjord au coucher du soleil. Embarquement programmé à 16 heures pour apprécier la luminosité des derniers rayons de la journée ainsi que du calme après le retour des dernières croisières et la fin des survols de la zone. L’excursion a d’abord débuté en bateau rapide afin de remonter les 2/3 du fjord où kayaks, pagaies et pagayeurs ont été débarqués ! Waaoouu ! Il n’y avait pas d’autre mot pour décrire le spectacle qui nous entourait. Le « Mitre Peak » et ses 1683 mètres de haut me contemplaient ! Que j’étais petite, toute petite. Et d’imaginer que les parois verticales de plus de 700 mètres qui me surplombaient continuaient leur chute sous mes pieds pour atteindre une profondeur maximale de 305 mètres renforçait ce sentiment. Je me suis alors gentiment laissée porter vers ces monstres de roches pour approcher de plus près la plus grande chute des environs. Quelques coups bien ardus de pagaie et le mur d’eau de 151 mètres se dressait alors devant moi mais le courant provoqué par la chute ainsi que les vapeurs d’eau « frisquounettes » qu’elle m’éjectait sur le visage m’ont vite fait m’éloigner ! Nous avons continué notre balade aquatique exceptionnelle avec vue sur glacier puis avons fait une nouvelle halte pour saluer les otaries avachies sur les rochers. Notre discrétion nous a permis de s’en approcher à presque les toucher pour les observer « roupiller comme des bébés ». Une petite boisson chaude servie directement sur les embarcations fut la cerise sur le gâteau ; histoire de se réchauffer et de profiter du silence des lieux jusqu’à l’arrivée des ténèbres. 14 kilomètres sportifs récompensés, non seulement par un cadre somptueux mais aussi par une tente chauffée par de puissants ventilateurs à mon arrivée. 10 mars 2010 - Chili
Dès la sortie du village, je suis restée bouche bée. Même si à l’admiration se mêlait une étrange indifférence (il faut dire qu’avec tous les reportages visualisés sur ces créatures de pierres, elles faisaient presque partie de mon quotidien), prendre la mesure de leur taille… pour de vrai… m’a estomaqué. Je me suis sentie bien petite ! Ainsi, chaque jour, je suis allée à la rencontre de ces centaines de « moai ». Bien qu’ayant dû essuyer la tristesse de voir la majorité à terre, cassée, délaissée (des guerres intestines ayant eu raison de ces représentants de la « mana » (force) de chaque clan), la restauration de certains « ahu » (plateforme sur laquelle sont dressés les « moai ») m’ont aisément permis de divaguer quant aux cérémonies qui s’y déroulaient autrefois. Quelle vision extraordinaire que ces statues tournées vers le centre de l’île pour protéger les leurs. 7, 8, 15… ces enfilades de géants de pierre sur fond d’océan paraissent hors du temps ! Mon escapade à la « nurserie » me laisse d’ailleurs encore pensive… Il est clair que si cette entreprise avait atteint son but, l’île aurait été entièrement entourée de gardiens rocheux. Un véritable armée de pierre ! Et comme si le décor de l’île elle-même ne m’avait pas suffit, la pleine lune et le soleil se sont joints à moi pour des levers et couchers purement et simplement fantastiques ! Avant de quitter les lieux, je voulais m’offrir un dernier souvenir inoubliable et ma rencontre avec un local sur les abords de Tongariki, l’un des plus beaux sites de l’île avec un alignement parfait de 15 « moais » m’a plus que ravie. Gardien des lieux, le Rapa Nui m’a très vite invitée à venir camper avec lui et une de ses amies. Leur amenant par la même occasion les dernières nouvelles du village au sujet du référendum sur l’expédition d’un « moai » en France et en Italie (il y aurait des arrangements financiers pour la construction d’un hôtel 5* en échange de l’envoi), j’ai été reçue comme une reine… café, pastèque, espace sous la bâche tendue servant de tente collective… Une fabuleuse nuit de discussion et de partage. 25 février 2010 - Bolivie
Premiers kilomètres, premières images et déjà mes yeux pétillaient d’apercevoir les reflets du volcan Licancabur dans les eaux claires de la « Laguna Blanca ». Il ne s’agissait là que de la mise en bouche puisqu’au détour du virage suivant, la « Laguna Verde » m’attendait. Comme par magie, les alluvions de magnésium se mirent à danser au fur et à mesure que la brise se levait sur la lagune, laissant exploser sa couleur opaline majestueuse. Silence… Dame Nature me déroulait son tapis vert ! Sur fond de « Wonderful World », je dévisageais les paysages altiplaniques, leurs collines « cappucino » transformées en dénivelés de beige, d’ocre, de rouges, de bleu-vert par les activités minières. Je m’accordais aussi un moment de détente dans un bassin d’eaux thermales avec vue sur les pics enneigés avant de reprendre la route vers de nouvelles merveilles de la Nature, comme les geysers « Sol de mañana », véritables marmites de Panoramix ou encore la somptueuse « Laguna Colorada » déclinant ses tonalités rosées à chaque seconde sous l’œil vigilant de centaines de flamands au plumage tout aussi varié. Et après deux jours de panoramas indescriptibles, le grand moment était arrivé… A 5h15 tapantes, je montais dans le 4×4 prête à couvrir la ½ heure de route pour atteindre l’île d’Incahuasi avant le lever du soleil. Je devinais notre entrée sur l’étendue salée au changement du son des roues… Progressivement, les reflets du jour laissaient entrevoir la blancheur qui nous entourait. Plus de 12000 km² de blanc immaculé. L’île était en vue, recouverte de cactus, majestueuse. 6h15, le soleil découvrait alors ses couleurs à travers des nuages éparses qui venaient se refléter sur le sol humide. La traversée vers la « rive » nous fit pénétrer dans la zone humide. Quel bouquet final ! Nous volions ! Les cumulus parfaitement formés se réfléchissaient sur la couche de sel inondée et je perdais tout repère spatial ! Je me serais crue dans un engin volant ! Je ne pouvais manquer de fouler ce miroir et c’est le cœur débordant d’émotions que j’ai quitté les lieux… me promettant d’y revenir. |
||


Après tous les remue-ménage culturels, sportifs, animaliers et naturels des 17 destinations précédentes, je souhaitais, pour cette ultime expérience partagée avec vous, prendre une voie des plus douces : celle de la détente ; mon escapade sibérienne sur le bord du lac Baïkal m’ayant apporté cet instant de décontraction telle une recette infaillible pour raviver mes forces après un an sur la route.
Alternant courses de chevaux, compétitions d’archers et combats de lutte, je ne pouvais manquer le « Naadam », l’incontournable fête populaire mongole qui se déroule chaque année en juillet. Point d’orgue de cet événement, j’étais impatience de voir en découdre ces lutteurs assoiffés de victoire.
Après quelques découvertes culturelles de Xian, dont la célèbre « armée de terre cuite », j’en étais pas contre un peu de dépassement physique pour me dégourdir les jambes et m’aérer le cerveau. Et pour ce challenge, j’avais choisi de mettre la barre haute avec l’ascension de l’un des cinq monts sacrés taoïste : le Hua. Mais, je n’ai pris réellement pris la mesure de l’effort que cela allait nécessiter qu’une fois au pied du pic. Avec une altitude de plus de 2150 mètres, la « molaire », comme je l’ai depuis surnommée, me dominait de ses aplombs blancs et droits. Au début, j’ai même cru qu’il ne s’agissait pas de la bonne montagne tellement elle paraissait raide et inaccessible mais la présence d’un baraquement au sommet ne m’a malheureusement pas laissé le doute très longtemps… j’allais souffrir. Et effectivement, j’en ai quelque peu « bavé ». Les 37°C extérieurs et les 1800 mètres de dénivelés positifs (sur 8 kilomètres dont 4 d’escaliers) ont expliqué la complication des choses. Heureusement, mon récent séjour tibétain m’avait donné quelques globules rouges vigoureux pour récupérer plus vite et le chemin oscillait plus ou moins dans l’ombre pour me permettre de ne pas me dessécher trop rapidement. Cela a été dur mais j’y suis arrivée et cela aurait été vraiment dommage de ne pas arriver en haut. Vraiment dommage !
Dans l’imaginaire collectif, le Népal est synonyme de temples et de treks. Je voulais profiter de mon arrivée par la frontière indienne pour apprécier une troisième merveille, presque méconnue, que ce pays a à offrir : la richesse animalière de son Parc National du Chitwan, ses rhinocéros unicornes et ses éléphants.
Parcourir les « ghats » (longs escaliers descendant jusqu’au Gange) de Varanasi est d’une des expériences qu’il faut avoir vécue au moins une fois dans sa vie. Véritable centre de la vie spirituelle de la ville, tous les rites les plus intimes, de vie comme de mort, s’y côtoient. Les pèlerins hindous y viennent pour se laver de leurs pêchés ou pour la crémation de leurs proches. Je ne pouvais manquer d’effectuer le grand classique des lieux : la balade en bateau sur le Gange. Tantôt le soir pour prendre le pouls de la cérémonie journalière réservée à la déesse Ganga, tantôt le matin pour voir la ville s’éveiller, à la douce lueur de l’aube. « puja » (offrande ou prière), yoga, parties de crickets… les activités ne manquant pas sur les rives du fleuve. Les enfants se baignent, apprennent à nager, s’éclaboussent… les femmes lessivent, se pomponnent… les hindous prient, effectuent leur rituel quotidien…
Autant vous prévenir, tout Hong Kong a été pour moi une expérience. J’ai été littéralement happée par cette mégalopole. J’ai palpé son pouls, appréhendé ses différentes facettes… tout aussi fascinantes les unes que les autres. Au-delà de son ultra-urbanisation, Hong Kong est une ville qui vit, se détend… séduit !
La Nouvelle-Calédonie a de nouveau connu les feux de la rampe avec le tournage d’une nouvelle édition de « Koh Lanta ». De passage sur le « Caillou », je me suis dit que je pouvais moi aussi aller voir de plus près les ressources sauvages de l’île. Le défi était lancé…
La Nouvelle-Zélande est réputée pour la beauté de sa nature, des activités « décoiffantes » y étant souvent associées (saut à l’élastique, rafting…). Mais mon âme aventureuse s’est cette fois-ci arrêtée sur une version plus douce, le kayak de mer, pour découvrir le Milford Sound. De loin le plus célèbre du pays, ce fjord aux pentes recouvertes d’une forêt pluviale et aux eaux peuplées de cétacés, s’avance de 16 km dans les terres.
Bien que l’expérience que j’ai choisi de vous relater soit celle de l’île de Pâques, je ne peux que débuter ce récit par une pensée chaleureuse pour les Chiliens continentaux, notamment ceux de Santiago et de la région centrale, qui ont vécu un terrible tremblement de terre dans la nuit du 27 février. J’ai eu la chance de quitter le continent quelques heures à peine avant l’effondrement du terminal de l’aéroport et je tenais à leur tirer mon chapeau quand à leur réactivité qui, tout juste cinq jours plus tard, leur permettait de gérer d’une main de maître le trafic aéroportuaire dans des conditions plus que difficiles. Courage !