Carnets de voyages

Le Tour du Monde d'Ophély:5 continents traversés,20 pays explorés… Découvrez dans cette chronique Carnet de Voyage le périple d'une voyageuse passionnée,qui vous entraîne dans des contrées hors des sentiers battus pour un parcours initiatique peu commun !




Ander HARAMBOURE-CHINE-IMG_5980Après quelques découvertes culturelles de Xian, dont la célèbre « armée de terre cuite », j’en étais pas contre un peu de dépassement physique pour me dégourdir les jambes et m’aérer le cerveau. Et pour ce challenge, j’avais choisi de mettre la barre haute avec l’ascension de l’un des cinq monts sacrés taoïste : le Hua. Mais, je n’ai pris réellement pris la mesure de l’effort que cela allait nécessiter qu’une fois au pied du pic. Avec une altitude de plus de 2150 mètres, la « molaire », comme je l’ai depuis surnommée, me dominait de ses aplombs blancs et droits. Au début, j’ai même cru qu’il ne s’agissait pas de la bonne montagne tellement elle paraissait raide et inaccessible mais la présence d’un baraquement au sommet ne m’a malheureusement pas laissé le doute très longtemps… j’allais souffrir. Et effectivement, j’en ai quelque peu « bavé ». Les 37°C extérieurs et les 1800 mètres de dénivelés positifs (sur 8 kilomètres dont 4 d’escaliers) ont expliqué la complication des choses. Heureusement, mon récent séjour tibétain m’avait donné quelques globules rouges vigoureux pour récupérer plus vite et le chemin oscillait plus ou moins dans l’ombre pour me permettre de ne pas me dessécher trop rapidement. Cela a été dur mais j’y suis arrivée et cela aurait été vraiment dommage de ne pas arriver en haut. Vraiment dommage !

Tout d’abord, parce que j’ai ainsi pu traverser une belle gorge à la dense végétation sur la première partie avec ce pic au-dessus de ma tête. Ensuite, parce que j’ai découvert une nouvelle tradition locale : celle d’attacher aux chaînes servant de rampes des cadenas pyrogravés accompagnés de rubans rouges. De véritables farandoles de vœux métalliques ! Aussi, parce que j’ai pu constater qu’il était possible « d’escalader » un escalier. Il s’agissait davantage de parois quasi verticales entaillées à même la roche pour poser de côté les pieds en se cramponnant aux chaines ou carrément aux marches de dessus… plutôt que des marches comme nous les connaissons en France. Enfin et surtout pour les vues extraordinaires… tantôt en contre-plongée des parois graniteuses lisses… tantôt en surplomb sur l’enchaînement des monts en ombres chinoises aux dernières lueurs du soir. Sans oublier ce pourquoi j’avais décidé de dormir au sommet du mont : le lever du soleil. Lorsque sur la vallée, la luminosité orangée a atténué le bleuté enveloppant de l’horizon, que le froid mordant du point du jour m’a surpris tellement j’étais habituée à la chaleur de la journée et que les dizaines de chinois rassemblés pour l’occasion ont applaudi lorsque le maître a pointé le bout de son nez, j’ai vraiment su pourquoi j’étais montée là-haut. Sans regret !