Carnets de voyages

Le Tour du Monde d'Ophély:5 continents traversés,20 pays explorés… Découvrez dans cette chronique Carnet de Voyage le périple d'une voyageuse passionnée,qui vous entraîne dans des contrées hors des sentiers battus pour un parcours initiatique peu commun !




Chili-3Bien que l’expérience que j’ai choisi de vous relater soit celle de l’île de Pâques, je ne peux que débuter ce récit par une pensée chaleureuse pour les Chiliens continentaux, notamment ceux de Santiago et de la région centrale, qui ont vécu un terrible tremblement de terre dans la nuit du 27 février. J’ai eu la chance de quitter le continent quelques heures à peine avant l’effondrement du terminal de l’aéroport et je tenais à leur tirer mon chapeau quand à leur réactivité qui, tout juste cinq jours plus tard, leur permettait de gérer d’une main de maître le trafic aéroportuaire dans des conditions plus que difficiles. Courage !
 
Revenons à ce petit bout d’île de 166 km², l’un des territoires habités les plus isolés au monde et réputé pour sa mysticité. Qui n’a pas entendu parler de ces mystérieux « moai », immenses statues de pierre aux nez aquilins, aux pommettes saillantes et au couvre-chef reconnaissable entre mille ? Depuis très longtemps fascinée par cette culture ancestrale, j’ai foulé cette terre prête à être submergée par l’esprit « Rapa Nui ». Et plus qu’à travers son succulent « curanto polynésien » ou ses danses sportives qui mettent en exergue les corps athlétiques et métissés, il s’est fait ressentir progressivement à travers toute l’île, au détour de chaque chemin, de chaque sentier que j’ai parcouru à pied, à scooter, en 4×4.

Dès la sortie du village, je suis restée bouche bée. Même si à l’admiration se mêlait une étrange indifférence (il faut dire qu’avec tous les reportages visualisés sur ces créatures de pierres, elles faisaient presque partie de mon quotidien), prendre la mesure de leur taille… pour de vrai… m’a estomaqué. Je me suis sentie bien petite ! Ainsi, chaque jour, je suis allée à la rencontre de ces centaines de « moai ». Bien qu’ayant dû essuyer la tristesse de voir la majorité à terre, cassée, délaissée (des guerres intestines ayant eu raison de ces représentants de la « mana » (force) de chaque clan), la restauration de certains « ahu » (plateforme sur laquelle sont dressés les « moai ») m’ont aisément permis de divaguer quant aux cérémonies qui s’y déroulaient autrefois. Quelle vision extraordinaire que ces statues tournées vers le centre de l’île pour protéger les leurs. 7, 8, 15… ces enfilades de géants de pierre sur fond d’océan paraissent hors du temps ! Mon escapade à la « nurserie » me laisse d’ailleurs encore pensive… Il est clair que si cette entreprise avait atteint son but, l’île aurait été entièrement entourée de gardiens rocheux. Un véritable armée de pierre ! Et comme si le décor de l’île elle-même ne m’avait pas suffit, la pleine lune et le soleil se sont joints à moi pour des levers et couchers purement et simplement fantastiques !

Avant de quitter les lieux, je voulais m’offrir un dernier souvenir inoubliable et ma rencontre avec un local sur les abords de Tongariki, l’un des plus beaux sites de l’île avec un alignement parfait de 15 « moais » m’a plus que ravie. Gardien des lieux, le Rapa Nui m’a très vite invitée à venir camper avec lui et une de ses amies. Leur amenant par la même occasion les dernières nouvelles du village au sujet du référendum sur l’expédition d’un « moai » en France et en Italie (il y aurait des arrangements financiers pour la construction d’un hôtel 5* en échange de l’envoi), j’ai été reçue comme une reine… café, pastèque, espace sous la bâche tendue servant de tente collective… Une fabuleuse nuit de discussion et de partage.