Le Tour du Monde d'Ophély:5 continents traversés,20 pays explorés… Découvrez dans cette chronique Carnet de Voyage le périple d'une voyageuse passionnée,qui vous entraîne dans des contrées hors des sentiers battus pour un parcours initiatique peu commun !

Je suis allée en Bolivie il y a 7 ans mais par faute de temps, je n’ai pu me rendre qu’à La Paz et parcourir le sud de cette destination qui m’a depuis toujours manqué. Après avoir vu tant de photos de la région d’Uyuni et de son mythique « salar », je savais que je foulerai un jour cette immense étendue salée. Alors quand j’ai construit mon programme de tour du monde, je ne pouvais rater l’occasion de réaliser cette escapade dans l’incroyable altiplano bolivien.
Premiers kilomètres, premières images et déjà mes yeux pétillaient d’apercevoir les reflets du volcan Licancabur dans les eaux claires de la « Laguna Blanca ». Il ne s’agissait là que de la mise en bouche puisqu’au détour du virage suivant, la « Laguna Verde » m’attendait. Comme par magie, les alluvions de magnésium se mirent à danser au fur et à mesure que la brise se levait sur la lagune, laissant exploser sa couleur opaline majestueuse. Silence… Dame Nature me déroulait son tapis vert !
Sur fond de « Wonderful World », je dévisageais les paysages altiplaniques, leurs collines « cappucino » transformées en dénivelés de beige, d’ocre, de rouges, de bleu-vert par les activités minières. Je m’accordais aussi un moment de détente dans un bassin d’eaux thermales avec vue sur les pics enneigés avant de reprendre la route vers de nouvelles merveilles de la Nature, comme les geysers « Sol de mañana », véritables marmites de Panoramix ou encore la somptueuse « Laguna Colorada » déclinant ses tonalités rosées à chaque seconde sous l’œil vigilant de centaines de flamands au plumage tout aussi varié.
Et après deux jours de panoramas indescriptibles, le grand moment était arrivé… A 5h15 tapantes, je montais dans le 4×4 prête à couvrir la ½ heure de route pour atteindre l’île d’Incahuasi avant le lever du soleil. Je devinais notre entrée sur l’étendue salée au changement du son des roues… Progressivement, les reflets du jour laissaient entrevoir la blancheur qui nous entourait. Plus de 12000 km² de blanc immaculé. L’île était en vue, recouverte de cactus, majestueuse. 6h15, le soleil découvrait alors ses couleurs à travers des nuages éparses qui venaient se refléter sur le sol humide. La traversée vers la « rive » nous fit pénétrer dans la zone humide. Quel bouquet final ! Nous volions ! Les cumulus parfaitement formés se réfléchissaient sur la couche de sel inondée et je perdais tout repère spatial ! Je me serais crue dans un engin volant ! Je ne pouvais manquer de fouler ce miroir et c’est le cœur débordant d’émotions que j’ai quitté les lieux… me promettant d’y revenir.