Le Tour du Monde d'Ophély:5 continents traversés,20 pays explorés… Découvrez dans cette chronique Carnet de Voyage le périple d'une voyageuse passionnée,qui vous entraîne dans des contrées hors des sentiers battus pour un parcours initiatique peu commun !

Si je vous dis Colombie ? Je suis sûre que très vite, le mot « café » vous viendra à l’esprit ! Et vous aurez raison ! La Colombie, c’est LE pays du café ! Deuxième exportateur derrière le Brésil, les petits grains colombiens jouissent d’une réputation internationale et je ne pouvais manquer de me rendre dans la région caféière de Pereira pour découvrir les magies de l’Arabica.
Vu l’accueil chaleureux réservé par l’administratrice de la « finca », j’ai su immédiatement que l’amour du café régnait en ces lieux. Et voir le petit-fils, tout juste âgé de cinq ans, déguster avec délectation un « petit noir » fraîchement moulu, laissait d’autant plus présager de l’atmosphère particulière de cette « finca ». Ma rencontre avec Carolina, la guide qui allait tout me dévoiler des secrets du grain, confirma mes impressions. Nous avons débuté la visite par une balade au cœur des plantations sous une chaleur accablante et observer les plants juchés jusqu’au plus haut des collines environnantes a vite suffit à me donner le vertige. J’ai alors appris que le café colombien n’a pas connu que des jours de gloire… L’arrivée d’un champignon a failli ravager définitivement tous leurs plants, les projetant dans une grave crise. Mais, fort heureusement, les locaux ont su rebondir en créant des hybrides résistants, profitant de l’occasion pour les rendre plus petits ; de quoi permettre aux récolteurs, indigènes pour la majorité, d’atteindre plus facilement les belles boules rouges. Quelques anecdotes m’ont également fait sourire ! Un pied qui ne présente pas de fleurs, et donc de café, est appelé « macho », image intéressante pour les féministes ! Ou encore, un intéressant tuyau pour la ménagère : si une mauvaise odeur persiste dans votre frigo, mettez-y 2 ou 3 grains de café… Le grain de café torréfié est neutralisateur d’odeur… Et hop, le tour est joué !
Vint finalement le moment le plus émouvant… où, au-delà du cycle de production, j’ai appréhendé l’univers du café… avec ses challenges et sa population locale qui en vit… ou plutôt en survit. Quelques chiffres pour se faire une idée : dans cette belle « finca », un récolteur de grains gagne 300 pesos /kg (1 € = 2800 pesos) et il lui faut en débourser 7000 pour manger chaque jour (prix correct accordée par la « finca », qui le loge gratuitement par la même occasion). Ainsi, les 25 premiers kilos récoltés ne le sont que pour se nourrir (sur environ 70 à 100 kg/jour suivant sa performance). Le reste constitue son maigre salaire. Ainsi, à 1,5 € le café au comptoir à Paris, il est clair que l’argent du café profite essentiellement à qui l’égraine, le torréfie et le commercialise plutôt qu’à celui qui le produit. Une dure réalité…